A l’origine de ce combat de la fin mars 1351 entre 30 chevaliers franco-bretons pour le parti de Charles de Blois, menés par Robert de Beaumanoir, et 30 chevaliers anglo-bretons pour le parti des Montfort, dont 21 anglais,menés par l’anglais Richard de Brandenburg ( « Brembo »), il y a le rançonnement des populations bretonnes par les anglais.
Edouard III, roi d’angleterre, justifiait crûment ces pillages en règle parce que « mieux valoit et plus profitable étoit que ces guerriers et pilleurs se retraissent en la duché de Bretagne, qui est un des plus gras pays du monde et bon pour tenir gens d’armes » ( cité par Joël Cornette, « Histoire de la Bretagne et des Bretons », éditions du Seuil, 2005 )
Autrement dit, le coût de l’entretien des soldats anglais, de même que celui des châteaux occupés par eux, était transféré intégralement sur la population locale, devenue de facto esclave des occupants.
Outrés par ces pratiques de bandits, Beaumanoir , retranché dans son château de Josselin, provoque alors en duel « Brembo », lequel à son tour offre d’en découdre en deux groupes de 30 chevaliers de chaque camp.
L’issue du combat, comme on l’a vu favorable au groupe franco-breton de Beaumanoir, ne changera rien à la suite de l’occupation anglaise. Ce ne sont que , de part et d’autre, rapines, guet-apens, perte puis reprise de telle ou telles positions,etc.
Et il faudra attendre la bataille d’Auray, le 29 septembre 1364, pour que Charles de Blois, vaincu et tué sur ordre des anglais, ne laisse enfin la place à la paix , le duché de bretagne pouvant à nouveau être gouverné par une seule personne, le comte de Montfort, devenu entre-temps Jean IV, jusqu’en 1399, date de sa mort.
Ce « Combat des Trente » aura redonné un peu de « gloire » passagère au parti français, mis à rude épreuve par une série de défaites cuisantes face à l’ennemi anglais ( Crécy en 1346, prise de Calais en 1347). Mais Jean IV ( ex- Montfort) , après sa victoire à Auray, considéré à juste titre par les Bretons comme un duc de Bretagne étranger, à la solde des anglais, continuera à jouer sur 3 tableaux à la fois , à la manière de Machiavel : jouer l’angleterre contre la France, tout d’abord, puisque la stratégie du roi d’angleterre était d’établir sa première ligne de défense en Bretagne, et bien entendu aussi dans le royaume de France, et pendant longtemps ce fût de ce point de vue un succès total, jouer ensuite la France contre l’angleterre, et enfin jouer la Bretagne pour elle-même.
Joël Cornette ( op. cit.) a raison de souligner que cette politique plus qu’ambiguë fut encore pour longtemps une épine dans le pied du roi de France.
En 1819, après la chute définitive de Napoléon, le Conseil général du Département du Morbihan fera érigé une pyramide au lieu même du Combat des Trente, obélisque de 17 mètres de haut, avec l’inscription suivante, à la gloire du roi Louis XVIII : « Vive le roi longtemps ! Les Bourbons toujours ! Ici, le 27 Mars 1351, trente Bretons, dont les noms suivent, combattirent pour la défense du pauvre, du laboureur, de l’artisan, et vainquirent des étrangers que de funestes divisions avaient amenés sur le sol de la patrie. Postérité bretonne, imitez vos ancêtres « .
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