Plusieurs centaines de milliers de Jeunes sortent chaque année du système éducatif sans Diplômes: la Bretagne est également concernée

l'école

Dans un précédent article, nous avions mis l’accent sur le fait que les Universités Bretonnes n’avaient pas été retenues dans la création de Campus d’Excellences, ou Initiatives d’excellences ( «  Idex »).

Un autre problème a récemment été évoqué par la Conférence des grandes écoles ( CGE) , et relayé par le journal «  Le Monde » daté du 15 février 2012 : celui des sorties sans diplômes du système éducatif, le système éducatif n’étant efficace ni à la base, ni au sommet. Ce même problème a également été étudié par l’Institut Thomas More («  Analyse comparative des systèmes éducatifs dans 7 pays ») et aboutissent aux mêmes conclusions.

La Conférence s’est fondée sur les travaux de l’OCDE concernant le niveau scolaire des jeunes de 15 ans ( les enquêtes PISA) et sur les études Pirls ( Progress in International Reading Literacy Study) qui évaluent les performances en lecture des enfants de 9-10 ans. Conclusion : «  les compétences acquises dans le primaire et le secondaire se dégradent ».

Comme le pointe la CGE «  depuis vingt ans, 150.000 jeunes Français sortent du système scolaire chaque année sans aucun diplôme ; ils représentent 3 millions de personnes environ en vingt ans, soit une véritable bombe sociale à retardement ».

L’Institut Thomas More complète cette analyse : «  parmi ces 150.000 jeunes, 40.000 sortent sans aucune qualification. Plus en détail, cela signifie que chaque année entre 8.000 et 10.000 jeunes quittent le système scolaire au niveau du collège, que 15.000 abandonnent en seconde ou en première. Parmi eux, on relèvera que 11% des enfants d’ouvriers et 32% des enfants d’inactifs quittent le système scolaire sans qualification, contre 1% des enfants d’enseignants ou de cadres ».

Evidemment, ces sorties du système scolaire sont particulièrement pénalisantes : ainsi, ces «  sortants précoces » connaissent par la suite des difficultés énormes pour s’intégrer au marché du travail ; ils sont d’ailleurs à peine 45% à occuper un emploi.

Pour ce qui concerne le sommet de la pyramide : «  la France, déplore la CGE, investit peu dans son enseignement supérieur et sa recherche, même avec les efforts conséquents de la législature en cours ; elle a décroché par rapport à ses principaux partenaires ».

D’où les mesures proposées, radicales : changer purement et simplement de paradigme éducatif ( en remettant en cause la course aux études supérieures et en permettant aux universités de sélectionner leurs étudiants) et d’investir 20 milliards d’euros sur une décennie ( à partager entre l’Etat, les entreprises et les familles), comme vient de le proposer Monsieur Louis Vogel, président de la Conférence des présidents d’universités.

Du coup , les frais de scolarité dans le Supérieur augmenteraient jusqu’à 3000 Euros par an ( les écoles de management dépassent déjà largement ces sommes), payables en cinq ans après les études, en fonction du salaire. Les frais bénéficieraient d’une déduction fiscale à hauteur de 50% pendant dix ans.

En contrepartie de cet investissement de la nation au sommet, les grandes écoles s’engageraient à mettre en œuvre de multiples mesures pour diversifier l’origine de leurs étudiants. Elles proposeraient, en outre, de prendre en charge ceux qui sortent sans diplôme du système.beg-meil, finistère-sud, bretagne-sud

La CGE propose de créer des «  instituts horizons métiers » sur tout le territoire. Les jeunes accueillis passeraient les deux tiers de leur temps en entreprise et un tiers dans les écoles elles-mêmes.

Surtout, à rebours du discours politique ambiant, la CGE considère que pousser trop loin les élèves dans les études n’est pas la solution pour lutter contre le chômage des jeunes.L’important, aux yeux de la CGE est qu’existe «  une formation de haute qualité à chaque niveau ».

«  Il faut sortir, dit la CGE, d’un intellectualisme qui ne donne pas leurs lettres de noblesse à des métiers artisanaux ou manuels, alors que la main-d’œuvre qualifiée pour ces métiers manque ».

Ce qui n’exclut pas l’étude de la « Princesse de Clèves », de Madame de La Fayette, bien au contraire.

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